Mardi 30 Juin 2026

Compte rendu N°968

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Compte rendu des sorties

13/06/2026

Résurgence des Douzes

Bilan de la sortie:
C’est le grand jour, je vais finalement tester la plongée spéléo. Pendant longtemps je me suis dit que j’aimais beaucoup chacune de ces activités prises séparément, mais que c’était une mauvaise idée de mélanger les deux. Peut-être que, adolescent, lorsque l’été je gardais l’expo spéléo du SCL à Saint-Énimie, avoir vu en boucle un documentaire où le plongeur convulsait dans un siphon trop étroit pour se retourner a laisser des traces. Mais bon, j’ai totalement confiance en Laurent, et de l’avoir accompagné lors d’une plongée à Castelbouc a ravivé ma curiosité.

On se retrouve à Florac à 8h30 avec Laurent, Sarah, Gabriel et Antoine. Un premier tri du matériel et on se dispatch dans deux voitures, direction la Jonte.
Sur le parking au-dessus de la résurgence, on retrouve Laurent P et Olivier. On sort le stock de combinaisons, et c’est parti pour une séance d’essayage. Quelqu’un, dont je tairai le nom, essaye de rentrer les jambes dans les manches et trouve que c’est serré ;) Puis c’est au tour de tout le reste. On décharge un nombre impressionnant de bouteilles et autre. Ce n’est clairement pas un sport léger. Heureusement, les deux plus jeunes se proposent de porter les claies chargées de bouteilles. Pour les autres, ce sera trois kits chacun. Je me fais avoir, j’avais oublié l’existence des ceintures de plomb. Ça prends pas de place, c’est tout discret, mais c’est pas léger.



10 minutes de marche et on peut déplier les grandes bâches pour installer le camp à l’entrée de la grotte. Les moustiques n’attendent pas et passent à l’attaque. C’est injuste, mais ils ont leurs têtes et trouvent certains plus à leur gout que d’autres. Je suis épargné et ça m’arrange. On prépare et vérifie l’équipement, deux bouteilles sanglées par kit, deux détendeurs, deux lampes par casque. Tout en double quoi. Laurent nous fait un brief et assigne les passages. Ce sera Sarah, Laurent P, Gabriel, moi puis Antoine. Olivier ne va pas plonger, mais sera le photographe officiel. Ça implique de se baigner dans le lac. Pas d’exception, tout le monde dans l’eau.

La grotte a été bien choisie, pas besoin de matos spéléo. Le lac est à 20 mètres de l’entrée et on s’y rend directement en néoprène. Laurent et les deux premiers s’équipent et on s’enfonce tous dans la grotte. Pendant que Laurent P attend son tour en remuant la vase, Laurent C donne les dernières instructions à Sarah. C’est parti, ils plongent la tête sous l’eau. On aperçoit la lueur de leurs lampes qui s’éloigne et le bruit des bulles qui remontent. Puis plus rien, l’attente commence. C’est toujours une sensation un peu bizarre. Le temps avance lentement. Ça parait long. Est-ce que c’est normal ? Ça y est, on entend à nouveau des bulles et on aperçoit de la lumière. Ils sont allés jusqu’à la première salle !!!

C’est au tour de Laurent P d’y aller. Je ressors pour prendre le soleil et commencer à m’équiper lentement. Laurent P sort de la grotte et nous fait un sketch comme il sait si bien les faire. Il a plongé dans de l’aligot, ni plus ni moins ;) Puis c’est au tour de Gab de ressortir accompagné de Laurent qui a besoin de se réchauffer après trois plongées et un bon moment passé dans l’eau.

Mon tour approche et une légère anxiété monte. Je n’ai pas plongé depuis presque 15 ans et ça se ressent. Je me retrouve désorienté simplement en pataugeant dans le lac à un mètre du bord, ça promet pour la suite. J’ai quelques doutes, mais trop tard pour reculer. C’est parti pour de vrai, je commence à m’enfoncer dans la galerie. C’est plus étroit que ce à quoi je m’attendais et effectivement la visibilité n’est pas géniale. Mais probablement meilleure que pour les précédents, ça a resédimenté pendant la pause. Je m’accroche au fil d’Ariane et tente tend bien que mal d’avancer. Les sensations se bousculent et je ne suis pas au top de la sérénité. J’arrive au virage dont m’avait parlé Sarah. Le fil d’Ariane fait le tour d’une pierre et part 90 degrés à gauche. Laurent me double et me montre la droite. Je suis confus, le fil va à gauche pourtant. Je tourne encore un peu et retrouve un fil. C’est reparti, je le suis. Au bout de quelques mètres, je ressors la tête de l’eau. Et à mon grand étonnement, je reconnais le lac d’entrée. On a fait demi-tour et je ne m’en suis pas rendu compte, le cerveau trop préoccupé a tenté d’apprivoiser ce nouveau milieu. Pas mécontent d’avoir retrouvé la surface après ces 30 mètres aller-retour. C’est court, mais ça a suffi à me perdre. Laurent me donne quelques conseils et c’est reparti, objectif la salle. Ça va déjà mieux, cette fois je passe le virage et m’enfonce dans la suite du siphon. L’eau s’éclaircit et ça s’élargit, mais les oreilles commencent à me faire mal. Heureusement, ça remonte rapidement. J’ai encore du mal à gérer ma position, et je tire beaucoup trop sur le fil plutôt que de marcher ou nager. Laurent me double et me montre la surface. On est arrivé à la salle. J’ai une petite appréhension à lâcher le fil, mais ça va faire du bien de sortir la tête. Un peu de repos, quelques conseils en plus et c’est le retour. Les mouvements sont encore un peu maladroits, mais il y a du progrès et les sensations s’améliorent d’un cran. Aller-retour à la salle accompli. Je suis content et encore un peu incertain de ce que je viens de vivre. C’est au tour d’Antoine de plonger.

On grignote un bout tous ensemble. Laurent peut se réchauffer après plusieurs heures dans l’eau et nous partager nos impressions. Pour la deuxième session, Gabriel et Laurent déclarent forfait. La plongée du matin a apporté assez de sensations pour la journée. L’objectif et de retourner à la salle, faire une petite pause et continuer dans la grande galerie. 100 mètres aller , 100 mètres retour. Cette fois avec les palmes. La journée et déjà bien entamée. Sarah, Antoine et Laurent partent en trio pour gagner un peu de temps.
J’ai un peu hésité à replonger. Plus loin, plus profond, les oreilles, la peur, etc. Mais c’est une occasion qui ne se produit pas souvent alors j’y vais. C’est la troisième fois qu’on fait le passage vers la salle, presque une habitude. L’appréhension a presque disparu, les mouvements sont plus fluides, plus calmes. Je tiens le fil sans m’y agripper et j’arrive à mieux à gérer ma position et ma respiration. Une petite pause à la salle et on repart. Cette fois vers l’inconnu. La galerie s’enfonce, magnifique, large, avec son fond de sable, ses parois sculptées et son eau cristalline. Après quelques virages, on arrive à -11 et il est temps de faire demi-tour. Le décor a changé, mes coups de palmes un peu gauches ont soulevé la touille et l’eau est beaucoup moins transparente. Je commence à légèrement ressentir le froid. Le timming du demi-tour était parfait. J’ai bien fait d'y retourner, c’était incroyable. L’approche, progressive, a porté ses fruits. La deuxième plongée était agréable, avec l’esprit assez libre pour admirer les choses et ne pas focaliser uniquement sur ne pas mourir.

Il est temps de plier bagage. Avec le souci de réparer une injustice, les moustiques décident que cette fois je n’y échapperai pas et me dévore. On ne change pas une équipe qui gagne, Gabriel et Antoine remontent les bouteilles, allégées de l’air qu’on a respiré et nous notre stock de kits.

Un restaurant bien mérité à Meyrueis et retour à Florac pour décharger. Je me répète, c’est pas un sport léger.

Un immense merci à Laurent et aux autres pour cette journée de ouf. D'y repenser en écrivant me donne presque envie d'y retourner. Un Nouveau monde s’est ouvert.

Mathieu

Participants :