Dimanche 31 Mai 2020

Compte rendu N°718

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Compte rendu des sorties

01/02/2020

ABIME DU MAS RAYNAL

Bilan de la sortie:
Samedi dernier, un morceau de choix était proposé : l’abîme du Mas Raynal. Point ici d’étroit ure, de laminoir boueux et autre méandre, tout est GRAND. A grande cavité, il faut une grande équipe. Un noyau de base formé d’Aude, Sarah et moi était au rendez vous au bord de l’abîme à 10H00 du matin. Bientôt, des bruits de moteurs se fond entendre dans le chemin. Pierre, Laurent, Karine et d’autre collègues nous rejoignent. Ils attendaient sur un autre parking non loin de nous. Les cordes sont sortis des coffres, les amarrages pleuvent comme les gouttes d’eau qui tombent du ciel de cette mâtiné pluvieuse. Mais l’ambiance est au beau fixe. La cavité sera équipée par la grande verticale et les puits parallèles. Nous prenons le chemin de l’abîme, il est indiqué par des panneaux. Inutile de préciser que la vue de cette formidable ouverture sur la Sorgue souterraine ne laisse personne indifférent. Mais, peu de personnes se dirigent vers la grande verticale. Sans doute que la vue des nuages remontant de l’enfer, l’immensité des lieux et le bruit sinistre de l’eau 100m plus bas provoque un frisson dans chacun de nous. Pour certains, on prendra cette voie en remontant. Pour moi et Michel, se sera la fantastique descente. Le reste de la troupe se dirige tranquillement vers les puits parallèles. J’attends tranquillement mon tour. Je m’éloigne un peu et me dirige vers le champs. Un autre véhicule que je connais très bien vient d’arriver : ce sont nos cinéastes Isa et Eric qui nous rattrapent. Ils nous signalent aussi que l’on risque un coup de fusil si on laisse nos véhicules garés dans le champs. Tous le monde remonte pour déplacer les voitures sur un tertre de l’autre côté du chemin. Nous serons maintenant tranquille avec les indigènes. Il ne reste plus qu’à s’attaquer à « l’ogre du Guilhaumard ». Telle une armée en ordre de bataille, chacun reprend son poste. Je me réfugie sous un buis en attendant mon tour. Mon tour arrive finalement. L’adrénaline gagne tous mon corps. Il est encore temps de renoncer, de battre en retraite devant cette formidable verticale. Mais avalant ma salive, je me positionne le dos dans le vide. La margelle franchie : c’est le non retour. Il n’y a plus rien d’horizontal. Dessous mes pieds, un trou noir, énorme semble m’avaler. C’est difficile de décrire ce que l’on ressent quand on se trouve au bord d’un tel abîme. Notre regard se focalise sur cette poutrelle centenaire qui retient notre vie, sur cette corde qui file et disparaît happée par les nuages. Le fractionnement est très bien ajusté et après 3m près de la paroi, soudain, tous disparaît. C’est une descente interminable qui commence. J’essaye de discerner mes collègues, mais tous est vertical, vertigineux. Même mes cris disparaissent dans cette immensité. Mon bras s’ankylose, mais il ne faut surtout pas lâcher la corde. Je rejoins Laurent qui se tient debout un énorme bloc coincé entre les parois. La descente se poursuit dans la pénombre. J’atteins un autre bloc qui surplombe le grondement de la rivière. Devant moi, la Sorgue apparaît, sauvage, bondissant d’un porche bas pour s’engouffrer dans le barrage d’où elle disparaît de la vue. Le débit très haut nous empêche d’aller très loin. De plus il faut songer à la remontée. Eric a mais une corde en plus dans la première partie de la verticale. Elle permettra de remonter à plusieurs. Une heure plus tard, tous le monde est dehors. La pluie s’est arrêtée. Chacun se change en profitant du temps sec, puis c’est le retour vers la Lozère. Le Mas Raynal, nous à encore gratifié de son magnifique spectacle, pour moi, il tiendra toujours une place à part dans les verticales caussenardes.

Participants :
AUDE HOURTAL PIERRE LEMAITRE MICHEL LEMAIRE LAURENT ET Karine, SARAH DULPHY DANIEL LORRAINE ET Moi (Laurent) (GSTNT), Antoine et Sandra (GSC)
PS: Des personnes sont aussi venues, j'ai surtout remarqué leur gentillesse. Si elles me donne leur nom, je les rajouterai. Merci.