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Je pars deux jours en Suisse avec le ferme espoir de raliser la traverse des Sieben Hengste Z49 -> rivire du Polonais -> sortie de la frustration. Nous sommes quatre splos : Luc et Jean-Marc qui connaissent le cheminement, et Rolf et Catherine avides de voir ces paysages.

Arrivs l'alpage de la Chromatte le dimanche soir, nous essuyons un orage particulirement violent (grle etc) qui met en charge divers ruisseaux de surface, et dont Mtosuisse dit que les prcipitations vont se prolonger dans les jours qui viennent. Bref, l'optimisme de l'une n'aura pas raison des craintes des autres, et nous dcidons d'aller faire un tour la salle impriale pour nous consoler de cette traverse impossible.

Entrs le lundi, nous sommes rapidement douchs par les diffrents affluents. Arrivs la salle impriale, l'ambiance est grandiose : le vacarme est tel que nous ne pouvons pas nous parler. 7H : cascade impriale

Luc et moi revtons nos combis pour aller patauger dans le siphon au sommet de la cascade. L'quipement est pire que tout, et en plus il faut passer en pontonnire-cagoule ! Heureusement, l'ambiance est beaucoup plus sereine dans le laminoir. L'eau en coulement laminaire (env 100 l/sec) provient d'un siphon o nous pouvons presque nous tenir debout. Le plafond ne plonge pas, il semble mme remonter. Luc trouve instantanment l'aisance dans cet lment, mais il conseille de revenir avec une corde et une petite bouteille. Moi j'embarque de l'eau par la nuque et je ne vais pas jusqu' la touille finale.

7H : siphon imprial 

Nous nous changeons puis allons voir nos collgues qui creusent dans la boue liquide tout en haut de la salle. Ils sont un peu transis et trs sales, mais viennent de terminer leur travail. Elgamment (ou y a-t-il une autre raison ?), ils me laissent passer devant, en premire travers le cloaque frachement dblay. Je dbouche dans une galerie phratique d'environ 1 m, donc le sol est occup par une coule de mondmilch immacule... et dans laquelle je m'enfonce d'au moins 10 cm (genoux, puis coudes, parfois le ventre).

7H : coule FMR

Rolf et moi levons la topo (environ 200 m) pendant que Jean-Marc dcompense un peu et Luc fonce quiper les obstacles. Nous nous arrtons au sommet d'un puits descendant de 30-40 m. Cette galerie est parcourue par un courant d'air absolument rfrigrant, vu mon tat (combi toile frachement trempe dans l'eau, puis roule dans le mondmilch liquide) j'ai du mal tenir le disto mais il n'est pas question de s'arrter. Quelle belle premire : en plein courant d'air on sait qu'on tient la bonne galerie et on s'tonne sur sa direction, on cogite tout en admirant les passages et les excentriques. 

Ce puits pourrait correspondre avec les chemines du Dpucelage et du Prdateur mrovingien, mais les trois courant d'air sont aspirant ! Je pense qu'on va trouver un amont ce puits, mais... nous n'avons plus de corde. Vers quel amont nous dirigeons-nous ? La Kaltbachhhle, une quatrime rivire, le A2 ? L'vocation d'une possible traverse par le A2 (le bivouac du sous-sol est abandonn depuis plus de 15 ans pour cause d'accs innommable), qui serait dignement couronne par ce boyau de mondmilch (baptis galerie des Fes-mres) nous donne le fou-rire. Au moins a nous rchauffe un peu.

Retour au bivouac, soire trs sympathique. Le lendemain nous sortons sous la flotte (sous terre, puis sur terre aussi). Encore une fois, j'essore ma sous-combi. Jean-Marc me dit qu'il fait 8, mais j'ai l'impression d'une pluie tropicale.