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Vendredi 6 octobre 2006

Compte rendu du séjour au Cotiella
du 3 au 8 octobre 2005.


Présents depuis le 2 sur le site : Lionel PULIGA et Stéphane TRINQUIER
Ici présents : Olivier BLANC, Guillaume COËRCHON
Excusés et absents : Les AUTRES

Cette description est tirée des notes précises d’Olivier, brodée et retranscrite par Guillaume.


Départ de Florac lundi 3 sans se presser à 10 h, après le café, et les recommandations des copains (vous téléfoné sous vent, ya ka monté le matos ai la bouf, onnarive avec laclé de 13, vous zan léssé 1 peu…).
Les courses sont faites au Géant casino d’Albi, c’est au bord de la route, pas de détour, et entre 12 et 14 h, il n’y a personne.
Arrivé à la tombée de la nuit (20 h), en marche arrière avec la 4.0.5. au dernier parking.
1 heure de préparation bien calculée pour tenir 2-3 jours sans redescendre. On est deux, les sacs sont vite lourds !


cotiella : refuge
Lionel a suspendu une Tikka par acquis de conscience, ils nous attendent plus. Et pourtant, on arrive à 22h30 au refuge, sous les yeux ébahis de deux Espagnols, qui pensaient être peinards en ce lundi soir, avec deux étudiantes kidnappées devant leur bahut…



Mardi, les équipes sont claires :
cotiella : A55 - Lionel et Stéphane (équipe 1) vont désober un passage dans le bouchon de glace/neige à – 30 m dans le A55, arrêt la veille sur un passage horizontal ou tout le courant d’air vous arrive dans la figure à 420 km/heure ! Déjà, ça sent pas le moisi.

- Olivier et Guillaume (équipe 2) s’échauffent dans le A340, objectif marquant de l’année précédente, car arrêt de Lionel, le dernier jour évidemment, sur une descente de 10/15 mètres.

Equipe 2 : Olivier équipe le P10, j’attaque la topo, mais rapidement on file au fond en désescalade, les puits le permettent, et si ça fuse, on équipera plus tard. La topo, j’en fait mon affaire, de toute façon, je rentrerais pas à la maison si je ne l’ai pas faite…c’est la loi ou l’expatriemment dans un pays inconnu de la confédération Helvétique.
cotiella : A55
Un méandre-puits stoppe notre investigation espanico-sub-karstique, c’est le moment de sortir nos copains burin et massette ! La partie ne va pas être facile, mais toutes les demi-heures, des résultats encourageants motivent notre acharnement. Un gros bloc se retrouve au milieu du passage, mais il semble vouloir discuter ! Notre fatigue l’emporte, et nous laissons le matos sur place, de toutes façons, on reviendra faire la topo.

Equipe 1 : Pour ceux qui ne suivent pas, je rappelle que je n’y étais pas !
Donc, ils passent, rééquipent les passages suivants qui ne ressemblent plus à la première exploration de 2003, mais peu importe ! Ils retrouvent le terminus tant espéré de cette année héroïque, ou tissus de mensonge, car seulement vu par quatre yeux, le dernier jour évidemment. (voir les c.r. des expés précédentes)
On retrouve nos Espagnols en soirée, vin rouge, chichon, musique sur MP3, autant rester à la maison, le son est meilleur et le canapé plus confortable ! Et surtout, on n’est pas dérangé par des bouruts plein d’argile, de sueur, qui scouatent toute la place, cuisinent des petits plats, et détournent le regard des gamines…

cotiella : que de neige !
Mercredi, les choses deviennent sérieuses, que les âmes sensibles sortent de la salle, nous ne sommes responsables d’aucun vertiges, maux de tête, vommissements, hyperventilation, tétanie et autre crises d’épilepsie… et j’oubliais les chocs anaphylactiques.
Olivier part à la conquête du P 3000, Stéphane rééquipe quelques passages hasardeux avant la côte – 107 m, Lionel et moi reprenons la topo vers – 70 m, ne connaissant pas les points précédents.


cotiella : joli pui! A notre arrivée en haut du grand puits, Olivier est au bout de sa main courante. Une grosse épuration du palier en tête de puits me semble utile, et c’est rigolo de faire tomber des cailloux dans un trou sans fond…On casse la graine avant d’être complètement séparés.
L’équipement se poursuit, Lionel escalade pour affiner son dessin, je grimpe dans le puits parallèle du méga-bloc, c’est un peu instable, mais ça réchauffe.
Olivier n’est bientôt plus à portée de syllabes correctement audibles, Stéphane double les fractios, on plante des poireaux avec Lionel à défaut de sucrer les fraises !
Notre patience a des limites, et la topo peut attendre le lendemain, quand ce sera équipé.

Après cette réflexion, et Olivier qui semble être un peu léger en matos par rapport à la taille du puits, une constante incontournable nous entrechoque les neurones :

Il faut des cordes pour descendre,
Il n’y a plus de cordes sur le cirque d’Arménia,
Notre temps est précieux, on n’habite pas ici,
Conclusion : Lionel et moi allons chercher le reste du matos + bouffe à la voiture, et puis c’est l’occasion de faire un chrono, - 100 m/refuge/parking/refuge.
On passe la soirée avec des Français, qui sont sciés par notre repas : escalope de dinde à la crème sur lit de purée, additionné de coprins chevelus sauce au beurre. Il ne manquait que la gousse d’ail finement ciselée, et le ballon de Madiran élevé en fût de chêne…

Ce jeudi s’annonce grandiose, on a assez planté de spits la veille, le quota est dépassé, descente à volonté « jusqu'à plus faim » comme on dirait en Alsace.
Je reprends la suite du grand puits, déjà 70 m, avec Olivier sur mes talons qui double les amarrages. Lionel et Stéphane enchaînent en topographiant, opération délicate car c’est un puits incliné.
Le fond est touché après une descente totale de 130 mètres : une suite évidente s’ouvre au-dessus de la base d’un éboulis, bloqué par un resserrement de la paroi. Cette fenêtre donne accès à un P 24 plein pot.
Un actif se perd à sa base tandis que l’on devine une suite en escalade dans cette salle (dite « à manger », mais ça on ne le sait pas encore) où l’on voit le courant d’air…
Un méandre se présente, avec quelques ressauts ; l’option de passer par en haut s’avère intéressante par ses dimensions, et si on peut éviter de perdre du temps avec le plantage de spits, c’est mieux. On fait de la première, pas du jardinage !
Le « Tueur de TEXAIR » est franchi, un nouvel obstacle nous oblige à user du tamponnoir. On fait la course avec Olive pour le départ de la M.C. et notre bonté nous fait poser le stock de matos et laisser la place à Stéph et Lionel qui grattent du papier et se les caillent menues.
Nous retournons sur nos pas pour manger ensemble là où vous savez…
Les rôles sont inversés, je deviens spéléographe, Olivier spéléomètre, Lionel équipeur et Stéphane doubleur.
La suite devient impressionnante avec des puits actifs remontants, descentes de 9 m, 12 m, un petit méandre et une verticale de plus de 20 m qui sera laissée par manque de corde ainsi qu’une autre plus en amont de 10 m.
La topo est bouclée jusqu’au P 12 à la cote - 303 m.
Olivier déséquipe tandis que je finis la topo avec Lionel en remontant le P 24 de la salle à manger de manière à jonctionner avec le P 130.
Stéphane met les voiles, il en a plein les rotules, même si ça lui change de ses désobs dans des boyaux infâmes des Corbières. Lionel le suit et Olivier est motivé pour enchaîner le déséquipement total de la cavité.
Affaire à suivre dans 15 jours, mais on ne prend pas le risque de coincer le matos sous la neige !
cotiella : a55
cotiella : a55 Vendredi, retour sur le massif pour trier le matos que l’on a laissé en vrac à la sortie.
Stéphane et Lionel rentrent au bercail et si vous n’êtes pas perdu, je vous rappelle qu’il reste à terminer un objectif que Olivier et moi attaquons aussitôt.
La topo est faite en descendant (-37 m), et malgré un acharnement inconsidéré sur ce put…d’enc… de bloc, on ressort avec la ferme intention de lui péter la gueule avec des cartouches !


cotiella : a55 Samedi 8 octobre, on plie les affaires, on planque le reste de bouffe dans la cachette, le matos est resté sur le massif pour les copains, on quitte les lieux après une semaine de beau temps et une aventure exceptionnelle qui ne demande qu’à être pérennisée !

Pour l’équipe
Guillaume C.